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24 mars 20266 min de lecture
Client récupérant un sac de granulés commandé en ligne au comptoir d'un showroom habitat

Vendredi 18h30. Un client commande en ligne un sac de 15 kg de granulés, 3 cartouches de mastic haute température et un kit de ramonage. Il passe samedi matin les récupérer en showroom. En 4 minutes, c'est fait. Et en repartant, il s'arrête devant le nouveau poêle en exposition. "Tiens, il est pas mal celui-là..." Rendez-vous pris pour la semaine suivante. Devis signé : 5 800 €.

Le click-and-collect, ce n'est pas Amazon. C'est un prétexte pour faire revenir le client en showroom. Et pour les bons produits, c'est un canal de vente complémentaire avec un investissement modéré.

Ce qui fonctionne en click-and-collect habitat

Tous les produits ne se prêtent pas au click-and-collect. La règle est simple : si le client sait exactement ce qu'il veut et n'a pas besoin de conseil, le click-and-collect fonctionne.

Les produits gagnants :

  • Consommables : granulés de bois (le top seller), bûches densifiées, produits d'entretien piscine (chlore, pH), pastilles de détartrage
  • Accessoires : joints de poêle, vitres de remplacement, kits de ramonage, filtres de piscine, poignées de porte
  • Pièces de rechange : résistances, ventilateurs, grilles de foyer

Le point commun : ce sont des achats récurrents (le client sait ce qu'il veut), à faible panier (15 à 80 €), avec un besoin de rapidité (le poêle est en panne, la piscine est verte).

Ce qui ne fonctionne PAS en click-and-collect :

  • Les équipements principaux (poêles, cheminées, cuisines, piscines) — trop chers, trop personnalisés, besoin de conseil
  • Les pièces techniques nécessitant un diagnostic — le client commande la mauvaise pièce dans 40 % des cas

Le vrai intérêt : le trafic en showroom

Le secret du click-and-collect en habitat, ce n'est pas la marge sur les granulés (faible : 15 à 20 %). C'est le trafic qu'il génère.

Un client qui vient récupérer sa commande passe en moyenne 7 minutes en showroom. Pendant ces 7 minutes, il regarde les nouveautés, discute avec un vendeur, découvre une promotion. 18 à 25 % des retraits en showroom déclenchent une interaction commerciale supplémentaire (demande de devis, prise de rendez-vous, achat complémentaire).

Avec 20 retraits par semaine (réalisable pour un showroom actif), c'est 4 à 5 opportunités commerciales par semaine qui n'existaient pas avant. Sur un an, à 50 semaines, 200 à 250 contacts qualifiés. Même avec un taux de conversion modeste de 10 %, ça représente 20 à 25 ventes supplémentaires.

Comment s'y mettre sans exploser le budget

Pas besoin d'un site e-commerce à 10 000 €. Trois niveaux d'investissement :

Niveau 1 : la commande par téléphone ou SMS (0 €)

Le client vous appelle ou envoie un SMS : "Je voudrais 3 sacs de granulés, je passe demain à 10h." Vous préparez la commande, il paye sur place. C'est du click-and-collect artisanal — et ça fonctionne si vous ne ratez pas les appels et traitez chaque demande dans l'heure.

Niveau 2 : une page de commande simple (500-1 500 €)

Un formulaire sur votre site avec votre catalogue de consommables (10-30 références). Le client sélectionne, paye en ligne (Stripe ou PayPal), et choisit un créneau de retrait. Un plugin WooCommerce ou Shopify Lite suffit. Mise en place en 1 à 2 semaines.

Niveau 3 : un mini e-commerce avec stock connecté (3 000-8 000 €)

Pour les showrooms avec un volume de consommables significatif (> 50 commandes/mois). Stock en temps réel, paiement en ligne, notification automatique quand la commande est prête. Intégration avec votre logiciel de caisse si vous en avez un.

L'organisation en interne

Le click-and-collect rate quand la logistique interne n'est pas prête.

Qui prépare les commandes ? Désignez une personne (ou un créneau). Préparer une commande de consommables prend 3 à 5 minutes. Si c'est "celui qui est libre", personne ne le fait.

Où stocker les commandes prêtes ? Un étagère dédiée derrière le comptoir, étiquetée au nom du client. Le retrait doit prendre moins de 2 minutes — si le vendeur cherche la commande 10 minutes, le client ne reviendra pas.

Quel délai de mise à disposition ? Commande avant 14h → prêt le jour même. Commande après 14h → prêt le lendemain matin. Communiquez ce délai clairement sur le site et dans l'email de confirmation.

Que faire si le client ne vient pas ? Relance SMS à J+3 : "Votre commande vous attend en showroom." Si rien à J+7, appelez. Les commandes non retirées ne doivent pas dépasser 5 % — au-delà, votre communication est défaillante.

Les pièges à éviter

Multiplier les références trop vite. Commencez avec 10 à 20 produits que vous vendez déjà régulièrement en magasin. Ajoutez des références quand la demande est prouvée. Un catalogue de 200 articles avec des ruptures de stock permanentes fait pire impression que 15 articles toujours disponibles.

Négliger l'accueil au retrait. Le client vient chercher ses granulés. Le vendeur lui tend le sac sans un mot. Opportunité gaspillée. Un "Bonjour, votre commande est prête ! Au fait, on a reçu le nouveau modèle Rika, vous voulez jeter un œil ?" prend 10 secondes et ouvre une conversation.

Oublier les frais cachés. Emballage, stockage, temps de préparation, frais de paiement en ligne (1,4 à 2,9 % par transaction). Sur un sac de granulés à 7 €, la marge après frais est quasi nulle. Ce n'est pas grave si le client revient en showroom — c'est un problème si vous pensiez en faire un centre de profit.

FAQ

Le click-and-collect cannibalise-t-il les ventes en magasin ?

Non, au contraire. Les études en retail montrent que 85 % des commandes click-and-collect sont des achats qui n'auraient pas eu lieu autrement (le client serait allé en grande surface ou sur Internet). C'est du trafic additionnel.

Faut-il faire payer en ligne ou au retrait ?

Le paiement en ligne réduit les no-shows de 60 %. Le client qui a payé vient chercher sa commande. Celui qui n'a pas payé oublie dans 20 % des cas. Proposez le paiement en ligne avec option "paiement sur place" pour les clients réticents.

Combien de commandes par mois pour que ça vaille le coup ?

Pour un niveau 1 (commande par téléphone), il n'y a pas de seuil — c'est gratuit. Pour un niveau 2 (page de commande), visez 15 à 20 commandes par mois pour amortir le coût de mise en place en 6 mois. L'objectif réel est le trafic en showroom, pas la marge sur les consommables.


Le click-and-collect en showroom habitat n'est pas une révolution — c'est un outil pragmatique pour faire revenir vos clients régulièrement. Granulés, produits piscine, accessoires : ces petits achats sont des prétextes à des visites qui génèrent des projets. Pour vendre en ligne sans tuer le physique, commencez petit, mesurez, et ajustez. Et pour gérer un showroom rentable, chaque source de trafic compte.

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